Publié le 27/09/2026
Ian Lipinski : Le positif, c’est que malgré tout ce qu’il m’était arrivé, j’étais allé au bout ! J’avais été capable d’affronter chaque situation, de réparer – notamment en montant plusieurs fois dans le mât, pour continuer à avancer. Cela n’avait pas été glorieux côté classement : j’avais terminé 13e de ma catégorie, mais j’avais pu m’en sortir !
Ian Lipinski : Les Mini Transat sont souvent les premières grandes courses en solitaire d’un navigateur. On y apprend beaucoup de choses, on acquiert des bases solides. Sans moyen de communication, il faut se débrouiller seul en permanence. Quelque part, ça rend plus facile les épreuves suivantes sur des bateaux plus grands à bord desquels on dispose de moyens plus importants pour gérer les courses !
Ian Lipinski : C'est vrai que j’ai parfois du mal à me déconnecter, surtout si je sais que la course est serrée. Dans ces moments-là, il est compliqué pour moi de lâcher un peu et de réussir à dormir. Si je suis mieux préparé à ça ? J'ai envie de dire que j’espère progresser par mes erreurs et mieux gérer ça désormais ! Et puis, avoir progressé dans la préparation du bateau, savoir le faire fonctionner mieux qu’avant, enlève cette charge mentale, cette crainte du souci, qui occupe en permanence la tête et empêche précisément de lâcher un peu prise. Donc, oui, j’ai progressé…
Ian Lipinski : La Globe40, c’était 7 mois de compétition à la suite desquels j’ai mis du temps à récupérer. Cette course autour du monde en duo était géniale mais, nerveusement, la tension était très forte. La longue navigation dans les mers du Sud était très stressante, et on s’est battus bord-à-bord quasiment pendant les sept mois de course. Bien sûr, on était deux sur le bateau et il y a eu des pauses. Mais on ne rentrait pas en France et j’ai peu à peu accumulé une fatigue plus profonde, plus persistante, que ce que j’avais connu jusque-là. J’ai mis du temps à récupérer.
Ian Lipinski : En reprenant petit à petit mon entraînement habituel, ce qui a été long. La Globe40 a cassé mon rythme, ma routine de préparation physique hivernale que je n’ai pas pu suivre pendant la course – même quand je n’étais pas sur le bateau. En fait, je n’ai pu retrouver mon programme d’entraînement qu’à la fin de cet été !
Ian Lipinski : Il y a deux volets : une partie de travail physique général en salle, et puis des d'entraînements destinés à me préparer aux mouvements et aux efforts vraiment spécifiques à notre sport et au bateau. Je fais du renforcement musculaire parce qu'en mer, en compétition, on est très sollicité physiquement, ça bouge en permanence, dans tous les sens, avec des manœuvres qu'il faut exécuter en solo. Bref, une intensité qui met le corps à rude d'épreuve ; le tout amplifié par le facteur fatigue. Il faut notamment être très solide sur ses appuis pour, à la fois, encaisser les chocs et produire des efforts. Se sentir bien dans son corps est essentiel pour partir sur une Route du Rhum. Et, en plus de l’entraînement physique, il y a bien sûr aussi des entraînement avec le bateau – le réel est un entraînement spécifique en soi !
Ian Lipinski : « Sprint », c'est un bien grand mot pour notre catégorie ! On peut parler de « sprint » pour les Ultim qui vont faire ça en 5 ou 6 jours mais, nous, on va mettre à peu près trois fois plus de temps ! Les modifications sur Crédit Mutuel ? Suite à ce que j'avais constaté pendant la Globe40, on a fait de petites modifications de carène. Dès que le bateau est rentré du tour du monde, on l’a découpé à la scie circulaire pour greffer sur les coins arrière des pièces qui améliorent son comportement. On l’a aussi débarrassé d’équipements qui étaient nécessaires, voire obligatoires, sur le tour du monde, mais qui ne le sont pas sur la Route du Rhum. A la carène près, le bateau est presque redevenu ce qu’il était avant la Globe40.
Ian Lipinski : L’objectif numéro 1 était de se qualifier. Mais, c’est vrai, ça a permis de tester la modification et de voir un peu où on se situait par rapport au reste de la flotte.
Ian Lipinski : Non, terminé, c’est figé. Les dés sont jetés !
Ian Lipinski : Je fais la différence entre stratégie et tactique. La stratégie, c'est ce que l'on veut faire sans prendre en compte les adversaires. La tactique, c'est ce que l’on fait en fonction de l'adversaire. La stratégie, je ne la connais pas encore parce qu'on n'a pas de vue aussi lointaine sur la météo. Par contre, côté tactique, mon bateau me semble très fiable, bien éprouvé après la Globe40. Donc je n'ai pas à avoir peur - en tout cas moins peur que d'autres, des grosses conditions météo. Je pense que je ne serai pas forcément effrayé d'aller passer des fronts…
Ian Lipinski : Sans être présomptueux, je me lance toujours sur les courses pour les remporter. Dans ma tête, je me prépare donc à attaquer. Je suis déterminé à saisir les meilleures opportunités qui se présenteront, parce que je ne suis pas sûr de pouvoir gagner en restant au milieu du peloton, en comptant sur ma vitesse pure. Je tenterai donc des coups – sans faire n'importe quoi non plus… Ce qui est clair, c’est que je n'ai pas envie de batailler pour être entre la 10e et la 15e place : j'ai envie de gagner la course.
Ian LIPINSKI
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