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Depuis la fin des Années 60, les compétitions d’athlétisme n’hibernent plus. Grâce aux pistes couvertes – les « pistes courtes » – les athlètes ne connaissent plus de repos et continuent à l’intérieur de salles couvertes le travail produit à l’extérieur. Les deux s’enchaînent désormais sans relâche. Mais que deviennent les champions quand le temps de la bise est passée ? Récidivent-ils sous le soleil ? En clair : performe-t-on aussi bien à l'extérieur qu'à l’intérieur, ou est-ce l’inverse ? Pour répondre, il faut regarder l’historique des performances ; notamment en France. Et la réponse est claire : on performe moins bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Pourquoi une piste de 200m est-elle moins rapide qu’une piste de 400m ? Tout simplement à cause de ses virages qui sont plus serrés.
Même si les virages d’une piste courte sont relevés (lire ci-dessous notre encadré « Une « piste courte », qu’est-ce que c’est ? ») le coureur doit en effet produire un effort supplémentaire (une force centripète) pour résister au phénomène d’éjection de la trajectoire (de son couloir) quand il est dans la courbe. Cet effort à produire pour générer de la force centripète freine sa propulsion, lui fait perdre de la vitesse. Dit autrement : à vitesse égale, plus le virage est serré, plus l’athlète doit produire de la force centripète pour rester dans son couloir. Et cet effort-là coûte de l’énergie, donc de la vitesse. Quelques exceptions à cela : certaines pistes de 200m ont des lignes droites plus courtes et, par compensation (il faut que le couloir n°1 de la piste fasse quand même 200m !), ont des courbes à rayon important. De ce fait, les athlètes ont moins de force centripète à générer dans les virages et dédient donc plus d’énergie à leur propulsion.
L’une des plus célèbres pistes à posséder ces qualités est celle de l’université de Boston aux Etats-Unis, surnommée la « BU » (pour « Boston University »). Au-delà du plus grand rayon de ses courbes et de leur profil relevé à dévers asymétrique, elle possède un autre avantage : elle est construite sur une structure en bois, recouverte de contre-plaqué enduit de caoutchouc. Une architecture et des matériaux qui génèrent un « renvoi d’énergie » (en caricaturant on pourrait parler d’« effet ressort propulseur »). Mais cette piste, dont les dimensions et le profil sont les cibles de permanentes controverses, est cependant une exception.
Partout ailleurs, pour les raisons expliquées plus haut, toutes les performances de sprint, de demi-fond et de fond sont plus lentes sur piste courte. Toute ? Non ! Car en matière de record de France, Yann Schrub, soutenu par le Crédit Mutuel dans le cadre d’un Pacte de Performance de la Fondation du Sport français, a décroché le record absolu du 3.000m sur une piste courte (c’était le 8 février dernier à Metz). Avant lui, en février 2025, Jimmy Gressier avait réalisé le même exploit sur 5.000m lors du meeting… de Boston ! Il a battu depuis son record, en extérieur (en juin 2025 au stade Charléty à Paris, sur une piste de 400m).
Côté records du monde, aucune meilleure performance absolue actuelle (sprint, demi-fond, fond) n’a été établie sur une piste courte – et les différences de temps demeurent très notables. Mais, les meilleurs chronos planétaires, comme ceux des records de France, pourraient être dans un futur proche réalisés sur des pistes courtes. Chaussures, pistes, optimisation des capacités des athlètes, bien des facteurs sont susceptibles d’évoluer pour que les records « piste courte » se rapprochent des performances en plein air. Les temps réalisés du 28 février au 1er mars lors des Championnats de France Elite « piste courte » à Aubière le montreront peut-être…
Championnats de France Elite « piste courte » Crédit Mutuel, découvrez le programme ici !
L’athlétisme en salle n’est pas une invention récente. Des événements d’athlétisme entre clubs ou entre athlètes qui se défient, ont été organisés en salle en Europe et aux Etats-Unis dès la première moitié du XIXe siècle. Ils se sont transformés rapidement en grands meetings multi-disciplines, en Grande Bretagne à Londres dès 1859, aux Etats-Unis à Cincinnati en 1861. Ils sont alors organisés comme des spectacles grandioses, parfois accompagnés par des orchestres symphoniques qui jouent en ouverture et ponctuent les épreuves d’intermèdes musicaux !
Mais il faut attendre un siècle pour qu’un championnat majeur en salle soit organisé. Le 26 mars 1966, Dortmund (Allemagne) accueille les premiers Jeux Européens en Salle. En 1967, c’est au tour de Prague (Tchécoslovaquie), puis de Madrid (Espagne) en 1968, de Belgrade (Yougoslavie) en 1969. En 1970, adieu les Jeux Européens, bonjour les Championnats d’Europe en Salle, premiers du nom, disputés en Autriche, à Vienne. Depuis 1990, ils ont lieu tous les deux ans, en alternance avec les championnats du monde en extérieur.
Chez nous, le premier championnat de France en salle date de 1972 (Grenoble). Il est disputé chaque année depuis. Les Mondiaux « indoor », eux, se sont déroulés bien plus tardivement. Leur première édition a eu lieu à Paris en 1985 sous le nom de Jeux Mondiaux en Salle. Ils ont pris le nom de Championnats du monde en Salle dès leur deuxième édition en 1987. Organisés initialement tous les deux ans les années impaires, ils se déroulent les années paires depuis 2004 par alternance avec les Championnats du monde en plein air.
Si une envie (assortie de quelques moyens…) vous prend de construire dans votre (grand) jardin (ou sur des terrains municipaux si vous êtes à la tête d’une commune) une « piste courte » (restons modestes…), une circulaire de la Fédération Française d’Athlétisme (consultable notamment ici) va devenir votre livre de chevet. Ce document, intitulé « Règlement des installations et des matériels fixes d’athlétisme destinés à la compétition », énumère en effet dans son « Chapitre 2 » les contraintes techniques à respecter pour construire un « Stade d’Athlétisme modèle 200 » capable, une fois homologué, d’accueillir des compétitions officielles « pistes courtes ». Si vous aimez la lecture, reportez-vous à la page 36. Si vous préférez les résumés, tournez 12 pages et, page 48, plongez-vous dans un résumé plus digeste.
Tout vous est ici indiqué pour construire votre « piste courte » idéale, que vous prendrez soin de couvrir d’un toit si vous ambitionnez d’accueillir des compétitions « en salle » (dans le cas contraire, vous ne disposerez que d’une « piste courte »).
Le cœur de l’installation est évidemment la piste. Pour une homologation internationale, elle doit comporter au minimum six couloirs de 0,9 à 1,1m de large. C’est le plus court de ces couloirs (le n°1, à la corde), qui servira de référence pour le calcul de la longueur de 200m (tolérance jusqu’à +1,22cm). Le rayon de courbure des virages devra être compris entre 15 et 19m et leur angle d’inclinaison de 10 à 15° en fonction du rayon de courbure. Pensez aussi à commander l’éclairage : 500lux en tout point du stade, 1.000lux sur la ligne d’arrivée.
Dans le fond, tout cela n’est pas si compliqué…