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Publié aujourd'hui
Le 31 août dernier, il y a six mois et demi, la flotte des « tourdumondistes » en Class40 quittait les pontons de Lorient pour disputer le prologue de la 2e édition de la Globe40. Teintée d'appréhension et d'excitation, le pied sur la pédale de frein, mais avec l'envie de briller, les huit duos avaient glissé vers Cadix en Espagne, ville officielle du grand départ de ce tour du monde en double avec escales. Ce dimanche 29 mars, ils seront toujours huit à quitter Recife (Brésil) pour remonter l'Atlantique sud, traverser le pot au noir, puis l'Atlantique nord, direction Lorient.
Après presque sept mois d'une folle aventure, de moments de mer harassants, de frissons pacifiques, de météos tortueuses ou assoupies, de petites casses et de grands désarrois, la Globe40 n'a toujours pas trouvé ses champions : « Belgium Ocean Racing – Curium » et « Crédit Mutuel » sont à égalité au classement général. Le premier arrivé à Lorient sera sacré vainqueur.
Il y a des sports plus faciles que la voile pour établir des pronostics. Il suffit d'un coup de frein à quelques milles de l'arrivée, comme à La Réunion, pour céder la victoire au hasard d'un dévent. Une égalité parfaite à la ligne d'arrivée peut même être accordée entre deux bateaux – le jugement de Valparaiso restera dans l'histoire de la course au large. Deux systèmes météo pouvant se challenger, l'océan reste le royaume des incertitudes. Et c'est tout le sel de ce sport.
Victorieux du prologue Lorient-Cadix et de la première étape entre Cadix et Mindelo (Cap-Vert) en septembre, troisième – un coup dur – de l'étape monstre entre Mindelo et l'île de la Réunion en octobre, vainqueur de la 3e étape entre La Réunion et Sydney (Australie) en décembre, puis déclaré à égalité avec Belgium Ocean Racing – Curium à Valparaiso (Chili), terme de la 5e étape, le Class40 Crédit Mutuel, a fait quasiment le plein de points avec à son bord, tour à tour, Ian Lipinski, Antoine Carpentier, Amélie Grassi et Alan Roberts. En cumulant les succès, la team Crédit Mutuel a su revenir à égalité de points avec les leaders à une étape de la fin.
Comment se préparer à ce duel ? D'abord en mettant à profit les quelques jours de repos à Recife. « Hormis la fête organisée par nos concurrents brésiliens, nous avons profité de chaque moment pour nous reposer », résume Ian Lipinski. « Nous revenons tout juste d'une escapade de deux jours en dehors de Recife, qui est une mégalopole, nous sommes restés proches du bateau, à aider Sébastien Picault et Camille Seasseau à préparer cette dernière étape. Il n'y avait pas grand-chose de crucial, des petites vérifications, de l'entretien, quelques sujets à remettre d'équerre, mais pas de gros stress... On a aussi fait très gentiment un peu de sport... ».
Ensuite, en abordant le match à venir selon le principe édicté notamment par les amateurs de ballons ronds, selon lesquels : « Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne » ?
« Il va bien falloir la jouer, cette finale, mais c'est sûr qu'on a envie de la gagner », corrige le skipper du Class40 Crédit Mutuel, « On a la rage. Le chemin pour revenir à égalité a été long, et on n'a pas envie de s'arrêter là. Nous avons été sous pression depuis l'arrivée à la Réunion. Là, nous sommes très contents d'être à égalité de pression avec le bateau belge, pour cette dernière étape. On a la rage de gagner ». La vérité est que, très vraisemblablement, depuis l'arrivée à Recife, le 15 mars, Antoine Carpentier, Ian Lipinski et l'équipe ne sont « ...pas sortis de cette aventure. De la même manière qu'à Lorient, je ne réalisais pas que je partais faire le tour du monde, je ne sens pas la fin d'une aventure à Recife. Mais je mentalise beaucoup ce qui va se passer, je me projette dans l'étape. Je sens dans mes tripes l'envie de gagner, je sens qu'on va tout faire pour. Ce sujet accapare une grande part de mon esprit depuis que je suis arrivé au Brésil ».
Cette sixième étape, qui partira de Recife (Brésil) dimanche 29 mars pour rejoindre Lorient, compte 4.300 milles nautiques, soit 7.960 km (route idéale). Les premiers jours de course sont tracés et bien tracés : « On va être très vite pris dans le pot au noir, qui doit être à 24 heures de navigation de Recife. Ça va être le premier phénomène à bien appréhender. Le pot au noir aurait une petite tendance à être très large et très imposant ces jours-ci. On n'est pas sûr de le traverser de façon très simple... », pronostique Ian.
La conclusion de cet ultime duel devrait se jouer autour du 17 avril à Lorient.