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Publié hier
À bord du Class40 Crédit Mutuel, Ian Lipinski et Antoine Carpentier vont retrouver leurs petites habitudes. Eux qui ont été séparés par un principe de bonne répartition des efforts, chacun cédant à Amélie Grassi puis Alan Roberts le soin de piloter le bateau rouge et blanc au plus vite et au plus sécurisant. Parce que la Globe 40 est une affaire de longue haleine, d'endurance et de rudes efforts, chacun a ainsi connu ses temps de récupération. On pourrait dire qu’il en est de même pour le bateau qui, à l’instar de ses concurrents, a été l’objet de soins attentifs. « On a géré un certain nombre de petits soucis, il reste de la bricole, des réglages à affiner pour que les systèmes fonctionnent bien, mais nous ne sommes pas les seuls dans ce cas », résume calmement Ian Lipinski, « De la même manière, le sujet de préoccupation principal est le jeu de voiles qui a déjà beaucoup travaillé, et il faut que les voiles tiennent. Après tant de milles, nous sommes tous dans le même cas de figure ».
Ian retrouve donc la route qui mène à Lorient par étapes, après avoir cédé la responsabilité de faire la traversée Sydney-Valparaiso à son équipier le plus régulier, Antoine Carpentier, et à Alan Roberts. « Ce fut agréable de laisser la main un petit moment » s’amuse le skipper, « mais j’étais quand même pris par une forme de stress et par l’envie de participer. J’ai pris des nouvelles assez régulièrement, et c’était assez sympa de partager ça avec eux. J’en ai profité pour découvrir le Chili, un pays génial, des paysages fantastiques et des habitants d’une immense gentillesse, ce fut un régal ! Je suis aussi bien content de retrouver Antoine, en qui j’ai une grande confiance, et sur qui je sais m’appuyer en toute circonstance ».
Après trois semaines pour récupérer des efforts de la 4e étape, Antoine Carpentier n’est pas fâché de retourner naviguer, non plus de céder le poste de skipper et son imposant fardeau : « J’ai fait le plein de famille, le plein de sommeil, le plein de bonnes tables : je suis prêt à revenir en combattant, guéri et allégé de la responsabilité du bateau. Je sens déjà que j’ai moins de pression qu’au départ de l’Australie. C’est une charge d’être responsable d’un bateau qui n’est pas ton projet personnel, plus encore dans une année qui se conclura par la Route du Rhum ».
Deux océans, deux côtes, un cap. Avec ses 2550 milles à courir, de l’ouest à l’est du continent sud-américain, cette étape présente quelques obstacles dont la hauteur ne s’évalue que dans l’instant. Si le cap Horn peut se révéler effrayant si une dépression vient s’y frotter, il peut aussi accorder sa mansuétude aux aventuriers.
À quatre jours du départ, Ian Lipinski envisageait une entame de course « assez pénible, au près, avec possiblement beaucoup de vent. Les débuts risquent d’être laborieux, puis nous devrions récupérer du vent portant jusqu’au cap Horn – il faut espérer qu’il sera praticable. Puis il faudra remonter le long des côtes orientales, possiblement avec du vent de face. Est-ce que la stratégie météo sera l’argument majeur de cette étape ? Je n’en sais rien, il pourrait y avoir beaucoup de bords obligatoires ; je ne pense pas que ce sera si ouvert que ça. Avec le temps, j’ai aussi appris que chaque course est particulière, qu’il n’est pas nécessaire de se remplir la tête de schémas. Je préfère être en capacité de m’adapter quels que soient les éléments ».
Antoine Carpentier partage ce sentiment de devoir décider de la stratégie en fonction des situations : « C’est un beau moment d’inconnu ! » s’exclame-t-il, « J’espère qu’il ne sera pas trop redoutable. La direction de course va sans doute nous mettre une limite des glaces assez haute mais, de toute façon, on va aborder le cap Horn par le nord et on en sortira aussi par le nord sans doute au plus près des côtes. Ensuite, on remontera l’Atlantique sud, où j’ai un peu navigué lors des arrivées de Transat Jacques Vabre à Salvador de Bahia ».
Après quatre étapes, deux points séparent Belgium Ocean Racing – Curium, le leader, du Class40 Crédit Mutuel. Il y a trois semaines, la transpacifique entre Sydney et Valparaiso, créditée d’un coefficient de 3 – le plus haut – s’était conclue par un inédit match nul. « Avant l’étape 4, nous savions, Alan et moi, que nous devions gagner, ce qu’on a fait… mais nous n’avons pas été les seuls à gagner ! », épilogue Antoine Carpentier avec humour, « L’objectif a été à moitié rempli, mais nous restons dans le match pour la victoire finale ».
« On n’a pas le choix », pose Ian Lipinski, « Nous devons gagner les deux prochaines manches. Je n’ai pas envie de commencer à faire des calculs pour savoir dans quels schémas le retour de l’équipage allemand, à partir de Recife, pourrait impacter cette obligation. Gagner cette course est encore possible, et cela peut ne dépendre que de nous. C’est un schéma qui me va très bien ». « On sait ce qu’il faut faire pour gagner », résume Antoine Carpentier, « Si nous voulons rester maîtres de notre destin, il faut finir devant Belgium Ocean Racing deux fois. Il va y avoir du jeu jusqu’au bout ! ».
Toutes les informations sur le Class40 Crédit Mutuel, Ian Lipinski et ses équipiers ici !
Retrouvez ici le classement général avant la 5e étape. Outre ses couleurs, Crédit Mutuel est identifiable sur les photos grâce à son numéro 202.
Suivez la course en direct ! Sur cette carte, regardez progresser les bateaux en temps réel grâce aux balises qu’ils portent.